Gueule d’ange, un destin tragique.

Gueule d’ange, un film réalisé par Vanessa Filho en 2018. L’histoire d’une maturité précoce.

Les tragiques retombées d’une mère qui se contrefiche de sa vie, du regard des autres, de comment gagner de l’argent ou encore..de comment nourrir sa fille.

Elle l’appelle gueule d’ange, une belle petite fille au yeux bleus, profonds, tels un océan qui ne cesse de se calmer et puis de s’acharner contre le vent. Elli, c’est son prénom. Tous les jours sont un combat, face à une mère inconsciente, jouée par Marion Cotillard, la grande actrice interprète avec lassitude le rôle d’une femme qui demeure une gamine à un âge où les responsabilités s’entassent et que les rêves se noircissent dans un monde où l’espoir atténue lentement notre âme. La vulgarité l’anime, elle montre son corps sans aucune gêne et cherche impunement à se divertir pour oublier sa solitude. C’est un personnage intéressant, son irresponsabilité et son inconscience viennent sûrement d’un manque de confiance en elle, d’un besoin infini de se faire remarquer, d’une enfance -peut être- mal vécue. Elle souhaiterai être quelqu’un de bien, s’occuper de sa fille, arrêter de boire, de fumer. Mais quel malheur que de croire que l’on puisse s’en sortir lorsque le vice de notre amer existence nous rattappe tous les soirs.

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Marlène, la bonne mère , ne se refuse en aucun cas un moment d’escapade dans le vide d’une discothèque, ou dans les bras d’un homme, qui ne reste subjuguer que par ces atouts physiques, son corps presque nu, et la faiblesse de sa conscience.

Où est gueule d’ange dans tout ce brouhaha monumental, ce bazar incondescent, cette vulgarité méprisée?

Elle divague dans la solitude, essayant d’imiter sa mère , avec un verre de vin par ci un verre de whisky par là. L’ivresse d’une enfant perdue entre une enfance dégradée et un âge adulte lointain. Elle trouve refuge dans les bras d’un homme qui refuse d’abuser d’elle, qui la traite comme sa fille. Au moment où Marlène avait disparu, lui était à ses cotes, pour lui faire oublier la peine et la douleur de l’abandon.

Elle l’aimait, enfin elle le pensait.

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Gueule d’ange retrouve une mère honteuse, qui s’excuse mais ne se fait pas pardonner, il est déjà trop tard le mal est fait.

On se demande à la fin du film si la jeune Elli, les cheveux blond et le teint bronzé survivra à cette ardeur cauchemardesque, à cette vie qui n’a aucun sens, sans père, ni mère , ni amis.

Je suis tombée amoureuse de la beauté de cette petite fille, la caméra la filme entre des angles qui mettent bien en valeur ses traits, la lumière arrive a point. Puis les paysages que l’on perçoit dans une plage où s’invitent tous ceux que le ciel a éperdument aimé mais oublié sur une terre démesurément asphyxiée par l’impudeur de ses hommes.

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BON ! Film sublime, présenté dans la section « un certain regard » à la 71 éme cérémonie du festival de Cannes cette année.

Marion cotillard se réinvente, et c’est cela que j’apprécie dans son jeu. Elle se défait totalement de ce qu’elle est pour s’approprier un personnage dont les sentiments et la vulnérabilité deviennent à nos yeux réels.

Une beauté sans pareille, pour un projet touchant, qui reflète la maladresse de quelque personnes dans une société qui juge nos actes, et notre aspect. Mais il ne faut jamais perdre espoir, parce que certain ont juré qu’il faisait vivre.

-Malak Chami (guest writer)

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